Publié dans Editorial

Inappropriée 

Publié le vendredi, 09 juin 2023

L'ANMCC sème la panique ! L'Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales s'apprête à imposer une taxe additionnelle de 32% sur les produits laitiers importés, le lait concentré exactement, au profit des produits locaux, voire Socolait. Parmi les procédures que l'ANMCC doit impérativement entamer au préalable avant toute décision, il faut entre autres, mener des enquêtes sur terrain mais surtout procéder à la consultation auprès des acteurs concernés et intéressés par la mesure. En effet, quand il s'agit des mesures touchant directement des intérêts des consommateurs, il faut à tout prix prendre la précaution de demander leurs avis. On est bien dans un pays où la démocratie s'érige en système incontournable !

D'un commun accord, la Société civile, les mouvements associatifs pour la défense des intérêts des consommateurs et les importateurs touchés directement ne cachent point leurs vives inquiétudes. Tous émettent des réserves sur le bien-fondé de la surtaxe voulue par l'ANMCC. En tout cas, c'est une arme à double tranchant. 

D'une part, la mesure semble apparemment défendre les intérêts des producteurs locaux. C'est légitime ! Socolait avait déjà à plusieurs reprises tiré la sonnette d'alarme à l'endroit de l'ANMCC pour qu'on veuille à considérer la situation alarmante de la Société nationale face à l'invasion des produits d'importation sur le marché local avec des prix … abordables. Evidemment, les sociétés de production locales telles les Socolait, les Savonnerie Tropicale  éprouvent d'énormes difficultés  pour écouler normalement leurs produits. De ce fait, concernant le lait,  l'ANMCC, pour sauvegarder du moins provisoirement a pris des mesures correctives sur la forme d'un droit additionnel au droit de douane « ad valorem » de 32% de la valeur CAF. Une telle décision a fait l'objet d'un débat à son siège à Antanimena avant l'application définitive. Toutefois, il ne serait pas correct de ne pas souligner qu'en tant que consommateur nous avions constaté la qualité discutable des produits Socolait. 

De l'autre, les produits importés notamment le lait concentré inondent le marchait local sur le territoire national. Les prix affichés de ces objets importés sur les étals sont nettement inférieurs par rapport à ceux localement produits. Vu le niveau de vie dérisoire et donc un pouvoir d'achat médiocre de la grande majorité, on s'oriente facilement sur ceux des moins … disants. Un geste indiscutable de la part des consommateurs ! On ne peut pas leur donner tort. Suite à l'éventuelle application de cette nouvelle mesure par l'ANMCC, les prix des produits importés seront majorés d'une  surtaxe à hauteur de 72% soit 32 % + 20% (TVA) + 20% (taxe de la douane). Une situation qui pénalisera certainement les consommateurs et par extension les importateurs.

Quoiqu'on dise, la mise en œuvre de la surtaxe crée la panique. Vu la situation critique dans laquelle est paralysée l'économie nationale qui entraine une pauvreté extrême dans le pays, adopter  une telle mesure pénalisant les concitoyens risque de tout chambouler.

Des observateurs avisés n'hésitent pas à qualifier la démarche de l'ANMCC d'inappropriée. Il va falloir creuser davantage et chercher à mettre sur les rails des mesures se situant sur la médiane. Il appartient aux techniciens de faire travailler encore les méninges pour sauvegarder les deux faces.

L'enjeu consiste à sauvegarder les produits locaux tout en veillant aux intérêts des consommateurs.

 

Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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